qui n’avait ja-ja-jamais navigué

  la poésie opère exactement là, à la césure entre l’homme et ce que jadis on appelait dieu, et qu’on appelle désormais le sale temps, qu’il pleuve ou non

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  on trouve au fondement de l’être comme une déraison, un généreux gâchis dont nous n’avons pas fini de lécher la plaie, de subir les effets indésirables sur notre propre conscience, notre propre chair – enfin tout ce qui nous serait propre si nous étions quoi que ce soit en propre

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  je crois que je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie – moi sans une once de joie, moi vide de chez vide, moi vide de chez moi
  peut-être parce que mon père est mort et pas moi, peut-être parce que je suis mort et pas moi
  peut-être parce que rien que l’idée d’avoir été, d’avoir foulé le temps me rend hilare
  – délicieusement, incongrument, mélancoliquement hilare…

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  ça sert à rien de se cacher, à part à se cacher
  cache-cache. on se réfugie dans la mort: on n’est plus qu’yeux sans yeux, attente sans attente, hors d’atteinte
  et ça pue quelque chose de noir – enfin la lumière cesse de nous violer

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  j’adulais la lumière, boire la lumière à œil nu
  puis je vis qu’il ne s’agissait que d’un subterfuge, naufrage de l’origine ou réfraction de seconde main
  pour que la jouissance passe de la fusion à la distance, il suffisait de deux, il suffisait de l’un
  – il suffisait de rien

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