rallumer le feu

  fermer les yeux d’un mort je n’en prendrais pas la responsabilité. j’accorde à tous la nationalité. je me lève tôt matin pour rallumer le feu

  je me sens loin de moi et pourtant lorsque je ne me regarde pas, ce n’est pas un autre que moi que je ne regarde pas. du papier, du carton et du bois empilés au foyer

  dieu ne se souvenant pas de moi je surfe sur l’oubli. parfois à la place de je je mets nous, on, tu il ou elle. parfois à la place de je je surfe sur l’oubli, je gratte l’allumette

  j’aime t’agacer, tel un acupuncteur tard dans la nuit. attendre que le jour se lève en soufflant sur les cendres; prétendre qu’il s’agit de fraises en pissant sur les braises. croire que la vie peut se passer de sens, d’un seul

  il va faire froid, très froid. nous nous réfugierons en ce sentiment d’exclusion, ce principe d’abandon. nous éprouverons le bonheur d’être mais de n’en reconnaître la raison nous souffrirons. le jour se lèvera et il sera trop tard – trop tard pour quoi trop tard pour rien

rallumer le feu

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *