méandres sans le corps, anesthésies d’un jour
la mer glissée des mains, un genou sur la bible
et tu t’abîmes, l’azur exorbité – chiffon de fleur papier-crépon
affligée sur sa tige de fer, contorsionnée jusqu’à l’ennui
– rêve de moi allez, rêve de moi maintenant
.
ça y est là je suis mort – je ne vais pas te cracher dessus pour autant
les peaux brunissent, les animaux retrouvent le goût du sel, le sens caché sous les rumex
le sexe gonflé tout un ciel pavoise, prodiguant son éclat à travers les artères paresseuses de la ville
je n’ai rien avoué, rien sous-entendu – faire un ourlet à ta manche ne prendra qu’une minute –
voire toute l’éternité
.
sac d’énigmes, terre des chevaux, je défais le lacet, je défais le lacet
cent rames à mon navire, mon navire sans rame – barque champêtre, tape-cul des vagues hautes, des vagues basses
d’impulsion féminine le coup de rein, le rond dans l’eau, traçant en quelques traits la figure suppliciée du destin
– autant pour moi
.
lève-toi et marche, comme si d’un coup les jambes te poussaient du sommeil
et le jour chancelait dans tes bras, frêles rampes d’émoi
alors tu pisses à te tordre la queue, certain que rien ne pourrait venir à bout de ton amour, raz de marée dans un verre à liqueur
pourtant partout j’étais vainqueur, d’où la guerre se lassait…
.
à croire qu’il n’y avait là nulle âme, que les lieux pleins d’absence attendaient ma douleur
tout en fermant les yeux…
assieds-toi donc et marche, le long des rives closes – perçois un temps encore les clignements du silence, le clapotis des rêves
sur le tapis des nuits blanchies à l’insomnie
veille, veille jusqu’à la fin des temps et sans doute au-delà, enturbanné d’oubli la cervelle en pétard veille –
ne me quitte pas des yeux.

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