t’es mort t’es pas mort, tu ne sais plus très bien en fait
tu demandes du feu à giordano bruno tu lui dis monsieur, z’auriez pas du feu s’il vous plaît
la fumée te picote les yeux, t’en as marre que la fumée te picte l’orbite, te tricote le nerf optique
la pure puissance de jouir n’hésite pas, tu persistes à gratter ton nounours tout pelé,
et lui ne répond pas
est-ce que tu m’aimes, est-ce que tu m’aimes ainsi, à deux contre soi à un
contre huit cent quatre-vingt-huit?
quand un homme sait tout et qu’il n’a rien compris, vers où se tourne t-il pour demander de l’aide?
c’est ce fichu bonheur qui explose alors qu’on ne lui a rien demandé, ce bonheur hors-propos
et qui veut rien entendre
les hommes sont les hommes ils font ce qu’ils peuvent, mais pas plus de trois fois par jour, et pas toute l’année évidemment
évidemment
les hommes
ne sont pas les hommes, ils font ce qu’on leur dit des fois ils y arrivent, plutôt rarement faut dire
par exemple moi, j’ai un défaut
affalé sous le radiateur je sais plus comment je m’appelle comment tu t’appelles, c’est tout ce que j’ai à offrir
à la mort
sans rien faire. et sans rien faire je te baise les mains tu vois, j’arrête le hoquet
tu jouis toute seule, comme ça sur un fil de laine, tu vis pour toi toute seule
j’aurais voulu ne pas être, n’avoir jamais été. j’ai l’impression d’avoir souillé la vie, pissé sur la devise – je suis rien
un homme mort
la résurrection permanente
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