tel un enfant devant la mort

  je ferme les yeux. je ferme les yeux pour ne pas mentir. je ferme les yeux pour ne pas me voir. je ferme les yeux pour me montrer à ce qui n’est pas à connaître, mais auquel il me faut me rendre

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  tant que tu peux marcher, marche. les pieds vont au-dessus des genoux et s’usent un jour, ayant délivré mille paysages…

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  tout est beau quand tu meurs mon âme – même mourir s’avère beau quand tu meurs, mon âme. et tu mourus tant et tant mon âme, que le bol en est vide…

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  demain j’aurai peur. demain j’aurai très peur. sinon pourquoi sauter? parce que comprendre n’est pas saisir, un poème se jette par la fenêtre avant que la fenêtre ne se jette sur lui
  – ou l’érotisme du vide

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  alors même que je meurs, ce n’est pas moi qui meurt, mais quelque chose de beaucoup plus profond que moi, et dont je ne suis si j’ose dire, qu’une épiphanie
  alors même que je meurs, ce n’est pas moi qui meurt, puisque je ne suis pas
  c’est pourtant ce moi-là, qui n’est pas, ce moi-là seul qui meurt, puisque la mort n’existe pas
  bien-sûr ça ne colle pas – si ça collait, de quoi vivrions-nous?

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  en l’enfant, l’homme et dieu n’ont pas encore entamé leur divorce – et ça s’appelle la vie. qu’en moi se révèlent la folie, l’amour et la raison de cette vie

tel un enfant devant la mort

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