un verre, un verre à soif
quelque part là, coincé entre deux anses, la forme vague d’un homme
j’aboie puis je me mords, la queue s’entend, j’essuie une paresse
quelques mots tentent de m’absoudre
– sans grand succès…
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je suis le corps d’une idée sans raison. j’arrache un à un les poils de ton pubis en ânonnant un peu, beaucoup, passionnément, ne me faisant guère d’illusion quant à l’issue du combat
avec obstination je persiste dans l’idée probablement erronée
qu’être
dénote un état suicidaire chez le patient confiné sous l’abri-bus
par une averse malvenue…
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que les choses soient claires: on ne voit vraiment loin que dans l’obscurité la plus totale, alors qu’aucun objet ne vient obstruer la vision, aucune clarté l’éblouir
afin de pleinement voir il ne faut rien voir – dans le néant absolu s’épanouit la conscience limpide
de n’être que la vision sans fin ni cause
de son propre néant.
en d’autres termes, la soif d’absolu ne peut être bue et étanchée que par cette même soif d’absolu
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il fait toujours froid au-delà de mon souffle, de ma pensée, de mon corps
fermer la porte ne suffit pas, je tourne la clé dans la serrure, je ne sais que faire de plus
si ce n’est regarder en moi exploser chaque mine sous le poids-même de mon regard,
ou pencher du côté où ça flanche, solidement appuyé sur la chute afin de ne plus y succomber
– j’avale vivantes des grenouilles, en quelque sorte…
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tu ne me pardonnes pas
d’ailleurs je n’y tiens pas – j’ai besoin de ton désaveu
j’ai besoin de ne plus pouvoir te parler, de ne plus pouvoir comprendre quiconque
j’ai besoin de me défaire de la souillure de l’histoire, de mon histoire, de toute histoire
– qu’une comète explose en abordant l’atmosphère, bute sur une femme stérile, éjacule avant même de l’avoir pénétrer, c’est à peu près normal
ce qui est surprenant c’est que celle-ci en soit tombée enceinte…
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