et puis la mort ne me disait rien. on respirait tant bien que mal sous la couverture. on passait le temps en survivant, seul rêve émergeant du néant, merde flottante ou nénuphar en suspens…
.
une vie entière ne suffira à justifier qu’un seul poème. le reste du temps on foutait rien. on bouffait ce qu’on trouvait. les filles n’étaient pas toujours au rendez-vous. d’autres promesses n’étaient jamais tenues
.
partout où je vais, je meurs une deuxième fois. comme quelque chose qui crève là et sèche sur la cuisse d’une femme, on se demande comment vivre encore. j’aime la nuit des champs
.
il y avait un poème ici, à cette place même
il était émouvant, profond – ou du moins je l’imagine tel
je ne sais comment il a disparu, ni même comment il apparut
: il était là, émouvant et profond
et il n’y avait rien
.
un jour comme ça on décide simplement : l’œuvre dépasse infiniment l’auteur, pure foutaise. c’est étrange comme alors on se sent libre, alors on se sent soi, une fois débarrassé de soi
.
le bras de se lever, de tendre une main vague, et la main de toucher
la joue prochaine.
mais cela n’arrive pas. non cela n’existe pas : ne remue ici que la main de se
tordre le cou.
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