tu n’étais pas un homme avant moi, tu n’étais pas un homme avant de me reconnaître – tout juste un avorton, un ver craché, un cro-magnon qui giclait rien qu’à renifler mon entre-cuisses
non, tu n’étais rien sans moi. il a fallu d’abord que tu me prennes comme elle se doit, puis qu’à l’instant ultime, l’instant sublime, tu ne m’épargnes pas
avant de te sentir vraiment libre
.
quelque chose de brut, quelque chose d’abrupt
quelque chose à la fois de retenu, magnanime et sans pitié
quelque chose de masculin en somme
m’a pris par la main jusqu’au bord de la falaise et m’a dit allez, saute maintenant
.
tout meurt et rien ne meurt – je lève mon verre à tout ce qui meurt, je lève mon verre à rien ne meurt
puis je descends mon verre
et je coule en moi
rien ne meurt, où tout meurt
je cherche une pente à remonter
je cherche une montre à remonter
un mouchoir où me moucher…
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