très pure violence

  vertige. je n’ai rien rassure-toi, rien qu’un léger
  vertige – léger si léger que déjà je recouvre
  la prestance d’une chute
  éblouissante

  .

  j’ai pas beau, et ça ne viendra pas.
  il faut avoir fait le deuil de tout pour entamer sans regret le deuil de soi
  mais l’éternité y suffirait-elle alors qu’à travers mes os souffle toujours
  le chant des oiseaux morts…

  .

  je reste donc debout, allongé à la verticale d’une joie forcément obscène 
  parfois tu me trouves comme ci, le plus souvent comme ça, j’avoue j’avais pourtant
  tout arrangé de telle sorte que
  tu ne me trouves pas…

  .

  ma très pure violence et cette féminité en moi toute métaphysique ont brouillé les pistes
  tout au fond quelque chose m’appelle, ne cesse de m’appeler, auquel
  je ne répondrai pas
  – c’est banal, se tuer…

  .

  une feuille est tombée juste devant moi, comme si j’avais été le témoin halluciné d’un crime silencieux: c’est l’automne
  qui juger de la mort?
  on s’embrasse certes on s’embrasse, or nos baisers
  s’estompent dans les gris…

très pure violence

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