et moi aussi, ce soir, je ferais comme si mon bonheur ne me suffisait pas…
ça sert à rien, de toute façon ton pain est cuit
l’envers du décor c’est quand il n’y même plus de décor
un matin brut de décoffrage, avec un sale vent dedans
je ne fais qu’entraver le cours du non avec des petits caillots de sans
un bout de café une langue de fumée et on y va – où ça? rien. là.
c’est comme ça la nature – ou du moins quelque chose qui se fait passer pour la nature
la synthèse du hasard et de la nécessité c’est bien le destin, ça on vous l’a déjà dit. monte sur la chaise et saute dans l’vide?
je monte sur une chaise et je saute dans le vide. je compte une deux trois et depuis plus rien: je ne compte plus, j’attends
j’attends que passe le bus et une fois passé le bus je me dis que si le bus est passé, le bus repassera bien
tous les jours, tous les jours de ma vie en me levant j’ai eu soif. soif de quelque chose. j’ai eu soif
aux trois quarts mort pas moins un homme est sain. aux trois quarts mort un homme va bien
aux trois quarts mort, un homme a soif
je me suis mis nu, afin qu’on voit qu’un homme n’existe pas – qui on? personne.
c’est le raclement d’un caillou dans la gorge qui donne à la voix ce ton-là
quand je dis je, je me réfère à celui qui dedans s’imagine un visage, ou à défaut un référant
tout au bout vous trouverez un bout, pas plus
on ne dit pas « tout ça pour rien » , on dit « ah ben dis donc »
je n’y arriverai pas. j’ai beau fermer les yeux, je n’y arriverai pas
depuis combien de temps dormais-je? combien de temps dormirai-je encore? ces yeux ouverts, pourquoi ne ferment-ils pas?
les cloches sonnent. je m’en fous c’est pas mon village
ceux qui ne prônaient rien ne prônaient pas l’amour. ils mouraient tout aussi bien
quand à ceux qui ne meurent pas, où les enterrerons-nous?
le vent vient du sud, et quand il vient du sud…
l’oreille pleine de bourdons orthodoxes, l’oreille toute miel, l’oreille jaunit-elle?
Laisser un commentaire