un banc de légère panique

  tout doucement, tout dort debout
  à part les chiens, les chiens qui veillent couchés, veillent sur le temps qui passe
  ou bien ne passe pas
  mais dort debout, tout doucement…

  .

  quand tous sont morts, je ne pleure pas
  je n’entends pas la pluie tomber, je n’entends rien
  peut-être est-ce moi qui suis mort…  mais alors, cette pluie?
  cette pluie n’est la preuve de rien

  .

  j’ai attendu
  longuement, j’ai attendu
  qu’une porte en ouvre une autre, plus une autre peut-être, qui n’ouvrirait sur rien
  ou qui n’ouvrirait pas…
  j’ai attendu
  sans rien attendre
  : rien n’est venu
  rien n’est venu s’arrêter là où je me suis arrêté alors j’ai attendu
  longuement, j’ai attendu
  priant que rien ne vienne briser cette attente qui me prive de tout
  et de tout me préserve

  .

  enraciné dans l’immobile, la vision radicale des lointains incrustée à même la rétine,
  suspendu aux lèvres du silence, le nerf tendu entre nulle part
  et l’indécis,
  je soupèse, je soupèse – et bientôt rien ne pèse…

un banc de légère panique

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