mais si les hommes ont une bite c’est pas vraiment de leur faute c’est juste pour mesurer
la profondeur des marées et ne pas se noyer
dans l’eau gelée du temps c’est pour servir de refuge
aux moules qui s’agrippent, s’agrippent, toussent un petit peu,
comptent les jours qui passent…
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chien tranquille, qui va comme on y court, mais qui ne court à rien
chien tranquille
suspendu dans le vide, non mais tu t’imagines? suspendu dans le vide – le reste c’est la misère
la misère de chaque jour
la croûte sans la mie
un dieu qui ne se relève pas
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cette folie d’être mais d’où elle vient putain – cette innocence, cette joie, alors que franchement t’as vu ma gueule, ta gueule, nos gueules
se refléter sur le miroir gothique d’un styx si tari qu’il suffirait d’une larme, une seule
pour le noyer tout entier et dire à dieu ou au néant tiens, t’es content maintenant?
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j’ai pagayé, pagayé, et parfois je me demande si je ne pagaie pas encore
comme si à force de gifles la rive ne finirait pas par tendre
son autre joue, tirer sa langue au jour nouveau et ne pas dire on meurt pour rien mais quand même,
on aime ça…
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c’est vrai on n’est pressé de rien. après tout on n’a rien d’autre à foutre que de pédaler, servir de combustible au temps
ou d’émouvoir l’éternité, ne pas la laisser de glace, la branler, l’ébranler jusqu’à ce qu’elle te dise:
merci c’était trop bien – au suivant maintenant
allez, au suivant!
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je n’existe plus vraiment – ma conscience aléatoire, une façon parmi d’autres de pisser le temps…
on ne sait même plus de quoi on a peur, ni de quel feu on brûle – on voudrait simplement
jeter un sort ou faire un vœu, voir si ça marche…
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j’ai pris de la mousse à raser, moi qui ne me rase jamais
parce que devant moi toujours les yeux avides d’une nudité
sans joie, promesse ni leurre – juste là à balayer les débris, ou à sentir sur notre douleur le soleil se lever
et en lécher la plaie…
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