car il n’y a personne

  une bruine, à peine une pluie. c’est peut-être mieux comme ça

  identités dépareillées, dérivons-nous en mal de quelque chose? créons-nous du suspense sans même nous lever, ou bien mal habillés?

  j’étais lointain, j’étais certain, que les morts nous dédaignent et nous tournent le dos – d’où cette impression de vivre comme à rebours…

  il ne manque rien. de fond en comble un vide nous maintient la tête hors de soi

  il tarde à se réchauffer. et cela arrive de plus en plus souvent

  un jour, sans faire exprès, je me suis attardé. voir ce que le destin me réservait. il fallait avant tout éviter la panique – par exemple en se figeant

  trouver un autre alibi. ou pas d’alibi du tout: incarner l’innocent que tout semble désigner coupable

  de l’horreur à la soumission sans frein un simple interrupteur, qu’on caresse du bout des doigts lorsqu’on a encore des doigts

  à peine une bruine, un air simplement saturé d’humidité. une flaque vibrante oubliant de se condenser pour tomber

  une vague question d’odeur en dernier lieu, qui flotte un moment après la disparition  du corps émanateur, et qui constitue dorénavant la seule et fragile preuve de réalité

  et lorsque tout recommence, s’agit-il encore vraiment de soi?

car il n'y a personne

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