d’à peine plus loin

  s’il n’y a que ça, là, de le dire le disperse j’imagine…

  c’est comment dire, c’est comme on lâche
  un ballon dans les airs, c’est comme

  pisser du haut d’un pont (s’il te plaît, lâche-moi dans les airs)

  ou bien faire l’amour à quelqu’un qui te prend pour un autre (je vais quand même pas te faire un dessin),

  ouvrir l’œil de la nuit, flaque grise
  et s’y jeter dedans, poisson blanc

  : rien à dire, j’ai le foie
  mélancolique

  alors s’il te plaît, raconte-moi, s’il te plaît parle-moi, encore et encore
  de la mer – oui, celle-là

  que j’aurais pas mordue au sang, ni nos peurs collectives

  mais toi tu dis rien. et disant rien tu dis tu viens
  d’à peine plus loin

  d’à peine plus loin me laissant là, là buvant longuement

  le silence

  jusqu’à ce que limpide émerge

  l’évidence

  sage, si sage…

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