j’ai dévoré le loup

  sans s’attarder, sautiller sur un seul pied (le bout)

  c’est vrai qu’on a tout le temps, tout le temps et aucune pratique

  le chant c’est loin, mais se perdre en soi peut-être
  s’en rapproche

  on essaie une dernière fois, la dernière et c’en est fait: si ça marche pas – et ça marchera pas – on s’ laisse mourir

  c’est seulement ainsi qu’on ne mourra jamais et d’abord ça c’est vrai
  puisque ça est écrit

  là, où rien ne pousse

  si ce n’est l’idée, l’idée d’un sexe
  rien que l’idée, pure et indéniable
  d’un sexe

  la résurrection permanente, l’intérieur d’un dehors
  l’extérieur d’un dedans
  un jour se rejoindront-ils, ou elles?

  on se consume en attendant
  en attendant surtout
  bien qu’ardemment
  c’est à dire avec ardeur

  sans calmant
  calmement avec ardeur, sans calmant
  c’est à dire électrisé, brûlant
  en attendant

  dans un coin de la forêt, disons au plus profond des bois, derrière un arbre ou bien un autre
  j’ai dévoré
  le loup

  or le loup resurgit  

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