l’ambiguïté étant le maître-mot des mots sans maître, je me mets à toutes les sauces, je me tue comme ça, de temps à autres…
j’écarte tes cuisses parce que ça me fait mal, en mâle sans patrie
ça veut dire j’avale la douleur. je crache vers dieu en espérant qu’il me noie
en mon propre crachât
en juillet on partait en vacances
je ne suis jamais parti en vacances
dix-sept ans, SDF d’un banc
pas n’importe quel banc, mais un lieu très précis, avenue du trône – d’ailleurs il bruinait cette nuit-là et j’ai demandé une cigarette à un passant, n’importe quel passant
j’ai toujours haï le travail
je me suis toujours méfié du hasard
je fuis
de partout, je fuis
loin de tout, je fuis
de l’infecte mensonge du moi, je fuis
au compte-goutte ou en cascades je fous le camp, je m’barre de là – trahison
pas de sujet, pas d’action – la trahison ne respecte rien
il ne reste qu’à pleurer
pleurer infiniment
infiniment à l’infini
pleurer
sans même une larme
à qui donc demander pardon?
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