je ne t’emmène nulle part, nulle part je ne t’emmène. je te perds les bras en sang, sagement te lacère le visage avec ces fils de ronces, ces baisers barbelés qu’on se crache en sourdine
cela faisait longtemps que je n’avais rêvé de J. Pilinszky. les hommes se réveillant malgré moi. plus tard dans la journée je me retrouve je ne sais comment dans les bras morts d’une mère
me femme s’ennuie. elle fait oui de la tête seules les jambes battent des ailes. elle fait non de l’urètre ma femme s’ennuie et je ne peux, du fond des âges, rien contre ça
plus personne ne viendra; rien n’éveillera plus la dormante en son bocal de verre. qu’elle pourrisse désormais. papa est tout pourri; nounou est tout’ pourrie; bébé est tout pourri aussi et moi-même, je ne me sens pas très bien ces derniers temps
je ne peux plus vivre comme ça très longtemps tu le sais bien. sur un rêve éléonor la rive franche, la lèvre supérieure mais cela ne suffit pas tu le sais bien. plutôt crever que mourir pour rien tu le sens bien, hein que tu le sens bien?
sous les jupes des fille vomissent les yeux de Pilinszky, et pas d’un autre. dieu planté là comme un clou dans l’omoplate, il pleut. il pleut encore
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