moi aussi, se passe de commentaire
les bruits nous parlent, essaient de nous dire quelque chose que nous ne comprenons pas, ou que nous comprendrions si seulement nous avions des oreilles parfaitement silencieuses
quelquefois, truffé de mystère, en somnambule j’esquisse un pas, j’inaugure l’espace d’une voix
j’embouche un sein privé du pouvoir de guérison, un sein déminéralisant
et les jours frites, je pisse dessus
j’aime les yeux qu’on pose sur toi, par lesquels tu te vois mais qui me laissent aveugle
en imaginant la stérilité comme le comble de la générosité
la grossesse d’un vide
d’autres fois je voudrais te parler. justement parce que je n’ai pas de nom à te mettre dessus, pas de quoi t’affubler, de maquiller d’un visage en entier
alors qu’oblique, penchée, boiteuse sur le plat du chemin…
je cherche quelque chose mais j’ignore quelle chose, afin de préserver la chance de ne pas la trouver
sans quoi je tombe
il est dangereux de tomber les mains dans les poches
il n’est cependant – cependant est un mot si grave, si essentiel – pas concevable de sortir les mains de leurs poches, de les exhiber nues, elles qui portent le reproche, la destructrice tentation d’être et pire encore, de louches odeurs d’outre-temps
avant j’étais mort
ça va mieux maintenant
je t’embrasse très fort

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