le ventre d’ici-bas

  tourne-douleur et ça fait mal
  mais on s’plaint pas
  le bec contre la vitre, évite
  le gris contre l’oubli
  – on aurait tort
  de ne pas y penser

  qui mal y pense y r’tourne encore
  et encore
  et ça chuinte, et ça râle – ça finit par brouiller
  tout le corps d’une femme
  d’une femme en soi, somnambulant tout au fond
  de soi, morte ou pas

  le chien qui s’mange la tête
  d’un autre côté tu repars à la hausse
  t’encules un trottoir
  au passage, soit dit au passage
  c’est ce qu’il manque à ta grâce
  toute la grâce qu’il te manque

  dans le ventre d’ici-bas, tu fais pas de grands adieux
  les bras en moulinets, ni ne lèves le pied
  tu la prends comme elle vient, t’arrachant comme tu peux
  au ventre
  d’ici-bas

  à quinze tu cours encore
  la moitié perdue en route, au moins
  l’autre à bout de souffle, s’acharne sur la flamme
  un peu trop tu l’éteins, un peu moins tu l’attises
  un peu trop moins tu expires
  mais si loin, si loin en vérité
  de soi, du reste

  qu’est-ce qui me cache, qu’est-ce qui me cache comme ça
  ma lâche
  et le silence quasi nul qu’on fait en tombant
  en claquant net
  les portes sans battant –
  à plus d’un demi-sourire la bouche
  se contorsionne
  et c’est vilain

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *