pisser du nez, taper du pied

  ce n’est pas une liberté acquise, c’est simplement le temps qu’elle noircisse
  le tableau d’un sourire
  creux

  l’envie de rester là, assise, envers et contre la joie, du moment qu’elle navigue
  oh qu’elle navigue
  à fond de cale

  t’es bizarre toi quand on y pense, t’es bizarre telle que tu sembles éclore
  de nulle part à toutes
  petites foulées

  jamais tranquille, jamais repue – de quelle insécurité suis-je donc devenue
  la mesure, de quelle démesure
  le sens inné?

  déviant de trajectoire, t’es-tu rompu l’occiput, fêlé l’nombril
  où passais-tu par là la tête
  étanche, le sexe plat?

  en exclusivité, bien mal appropriée, tu jettes ce que tu jettes, en retombe ce qui
  en retombe et toi d’en ramasser
  le peu de jour restant

  tous ne se ressemblent pas: j’en ai vu un qui mendiait, paume ouverte
  quelques malheureuses gouttes d’eau
  à la pluie

  j’étais heureuse comme ça, prête à escalader le premier rêve nu
  qui aurait poussé là
  juste sous moi

pisser du nez, taper du pied

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