et l’on prendra le temps
à un ou à deux, si je ne m’oublie pas
de descendre les marches
vers un ciel plus haut
un beau ruban de ciel
tous ces déracinés, à l’ouest
tous ces démantelés, à l’est et au milieu
ces chiffouilles en morceaux
tous ces voleurs de prunes, ces
petites miettes de christ, imperturbable
il me manque un instant, un seul
où je touche le fond
en caressant la lune
– simplement je me tais
la bouche entièrement vide
petit mouchoir de rouille, et le chien gris
devant le magasin
je mange une pomme, deux pommes
à la troisième je m’affaisse, m’évanouis
j’oublie de me compter
t’es pas belle et moi non plus
on fait le tour de l’arbre
on se prend pour des r’nards
et puis on rentre, tête au nord et on s’enfonce
dans la terre
mon chien ne mord pas
mon chien ne meurt pas
et quand moi je suis mort, mon chien lui court toujours
sans souvenir de moi
ni moi de lui

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