il est
plein de douleur
plein de douleur quand il s’endort
qu’à défaut de mouchoir, de pouce ou de meilleure idée
il suce le bord
il pleut
dans son berceau
comment dire, son berceau prend l’eau
alors il navigue, du mieux qu’il peut
et jusqu’à preuve du contraire
n’empêche qu’elle est pas morte
qu’elle trempe son aiguille, je pense
dans la ciguë
avec ce sens aigu, qu’on lui connaît
de la déclinité
reste à savoir pourquoi
il ne s’encombre plus
que d’une pierre
c’est lourd à charrier, une pierre
surtout quand on ne sait
dans quel puits
s’y jeter
alors il est mort – ça avait beau
être l’été, il est mort
un peu avant
d’être mort il avouait
que le bord était plat
si plat
le reste ça s’oublie
quand on lui tend la main elle dit qu’elle l’a pas prise, qu’elle l’a même pas vue
elle s’enfonce un boudoir
dans le vagin,
tout au fond, ça fait pas d’ bulles
puis se met à pleurer
tressaillant des épaules
un homme a fait une fugue
il a poussé une porte, s’est retrouvé dedans
il a fini par soupirer
le dos appuyé au mur, le mur à la pénombre
il s’est souvenu d’un champ
de coquelicots dans un champ
je ne vais pas faire de bruit
pas faire de vague
je caresserai mon ombre, par terre
jusqu’à ce qu’elle s’éveille, s’étonne, se lève
et m’abandonne

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