la paresseuse

  oui, trop de scène pour me jouer et trop d’âme pour me perdre

  par ailleurs, mourir ne faisait pas le poids, on y danse on y danse

  homme de peu de foi, et peu de foi j’y crois, ce peu de foi c’est moi

  ça ne fabrique rien – si un homme n’est pas plus que l’ombre de lui-même, que se passe t-il quand tout s’éteint? une sorte de zénith je suppose
  quand tout l’éteint s’anamorphose

  même s’il se sent oublié? même s’il ne se sent plus survivre que dans le souvenir de soi? et si c’était une femme? sa main se mettrait alors à mendier
  à l’autre main

  ou le contraire, s’il s’avérait qu’il existât le moindre contraire en lequel il puisse non se reconnaître, mais avoir devant quoi
  passer, par exemple…

  ça me laisse décidément le temps
  d’être un avion ou quelque chose

  d’encore plus beau n’est-ce pas, ça me laisse le temps
  de faire un tour et de rentrer par là, quelque chose

  ou quelque part, d’autre
  une fois tombé, puis relevé

  une journée sans but. j’aspire à rien tu sais. bien-sûr que tu le sais. facilite le passage

  à égale distance de tout, tel le centre de sa circonférence. centre perdu d’une circonférence éclatée. absolument de tout

  on s’éveille sans fracas. c’est quelque part, ailleurs. ailleurs ne veut rien dire. c’est ici sans douleur

la paresseuse

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