le mékong à ses pieds

  par tous les temps qui courent
  à moitié nu, cependant mu
  par je ne sais quelle force, d’inertie ou d’ailleurs
  à moitié nu – l’autre ne revêt qu’un filet d’ombre, une branche morte
  en guise de sexe dans le trou ébréché du grand-vent

  une blouse mal boutonnée
  y en a qui meurent à peu de frais, esquissant un vague signe de croix avant d’entamer l’ascension
  une blouse mal boutonnée disais-je, l’origine empiétée de ces mâles versassions – entre-temps je m’estompe
  je sens que je m’estompe
  qu’un autre bouton cède, tandis que je m’estompe

  j’ai mis ma robe blanche, l’avaleuse de taches, débordé sur les marges
  d’un imputrescible oubli
  quelqu’un toutefois court plus vite que moi, j’ai beau
  m’user au rétropédalage dans le but de me rejoindre un jour, un jour de me coïncider quelqu’un, toujours,
  court plus vite que moi cette fois c’est sûr, c’est tout comme
  s’empaler sur une barge

le mékong à ses pieds

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