vivre prenait si peu de place. je pensais à ce que chacun pense quand il ne pense à rien, au précaire alléluia d’un cosmos sans vérité. ou encore au goût froid de la tisane sur laquelle je continuais machinalement de souffler, même si souffler n’est pas jouer, et se tirer au sort ne nous tire de rien…
désertifié. c’est ce que je ressentis en retirant ma main du no-man’s land intérieur. un peu de sel sur la langue m’aurait coupé la soif
de mon vivant les choses penchent du côté opposé au mien – je veux dire de celui où je maintiens vaille que vaille une oblique en équilibre sur sa seule contradiction
le reste du temps… le reste du temps c’est ça: le vide laissé par ce qui jamais ne fut là, ailleurs non plus, mais si intensément que la réalité tangible semble se confondre à l’absence-même de réalité
c’est triste sans doute, mais pas suffisamment encore pour se retenir d’exister
une vie sur deux je m’ennuyais. cela ne prenait d’ailleurs que le temps de me rendre du lit à la croix – ou de la croix au lit, selon la procédure en cours
une fois je sautai par la fenêtre, pour voir. estimer la hauteur, tâter le terrain. ainsi m’assurai-je que je vivais bien de plain-pied, et que ce que je prenais jusqu’alors pour des ailes s’avéraient n’être, irrépressibles démangeaisons,
que des boutons au cul
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