les piétinés d’avance – mille musiques, mille tombes sous mon pas
un arbre en marche, rien qu’un arbre en marche, un TER que les rails n’ont pas connu, ni retenu
un ciel mille fois trop haut. merci quand même pour le voyage…
je me suis abrité sous un pin-parapluie. comment me vint l’idée de ne plus étrangler l’amant en moi, la belle au bois dormant? il était déjà mort, sans doute
le mort ne sait plus faire de ses trois doigts qu’un vaste signe de bénédiction – cela ne prendra pas plus d’une gorgée de salive que la pomme d’adam
fait descendre dans l’éden intestinal
parce qu’un homme n’attache pas sa chanson
qu’il la laisse lui lécher les doigts d’pieds, qu’il lui marche sur la queue
entre vivants nous nous lorgnons d’une drôle de façon, nous reniflons l’anus avec moultes précautions
on appelle ça le précieux maquillage – on aurait tout autant pu parler d’une perte de temps
et se consoler en pensant que le temps ne sert qu’à ça, tant est pure la perte…
un jour ai-je souri, mais je crois que c’était pour demander pardon
pas pardon de ceci ou de cela en particulier non: pardon tout court, à quiconque adressé
pardon pour les ronces, les limaces
pardon pour les chardons
et tant pis

Laisser un commentaire