éternel présent, mamelon de la vipère – un jour quand j’aurai de l’argent, je m’achèterai une guitare
une guitare sans corde
j’adore le dieu qui assis là me regarde passer sans rien me demander – où bien ne me regarde pas, se demandant pourquoi, et où
aller. je fais mon petit tour
un monde que nul ne prétendrait posséder et où nul ne serait décrété étranger me semblerait respirable. mais mentent les miroirs, et les alouettes c’est notoire
prédisent n’importe quoi
tellement j’ai d’yeux, d’yeux et tellement j’ai d’yeux, métis à fleur de mots – ma chinoise a du bide
je la trouve très douce
j’ai du mal de rien, je ne pleure pour personne – la maison tombe en ruine depuis que je me suis quittée
même l’herbe ne repousse pas, la maison tombe en ruine – la pluie marche à tâtons,
clip, clap, clop…
il fut un temps où l’ombre ne faisait pas de différence entre elle et moi, il fut un temps
peu depuis lors entreprennent de franchir la distance qui les sépare d’eux-mêmes, et ne les raccordera
pas
petite vie très haut perchée, fêlure sur la partie sensible – moi je ne fais rien, rien comme pisser dans la mer froide, recoudre un bouton là d’où le bouton
est tombé, ou a été arraché

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