crève le coq

  habite-moi. habite-moi de toute une vie, toute une vie tant qu’on y pense, et le coq a clamsé que dire – le coq il a clamsé

  ça ne sert à rien de dire qui vas-tu là, où iras-tu le soir venu. ça ne sert à rien planter là son cul, quand tout le reste respire à peine, et à grand peine

  mourir d’ennui, j’ai dit mourir d’ennui. nous préservera t-il d’un destin, la poudre de merlin, mourir d’ennui n’épuisera t-il la mort – j’hésite encore

  habite-moi. habite-moi ou bien dérive, délaisse-moi. loin de toi, au plus loin. plus fort s’endort, où perd racine le cheveu – cheveu à tondre, à teindre ou à m’éteindre. habite-moi loin de chez soi

  je perds haleine. je perds haleine et si je perds haleine. je n’irai pas plus loin, pas plus loin je le dis pas en l’air, en l’air à la légère, madame l’amoureuse, et que le bât me blesse

  un jour ou l’autre déserte-moi, déserte-moi le nu extrême, inextricable, pas plus que va ça va. j’appose les mains le coq ne se relève pas – il ne ressuscite pas le coq est mort. le coq est mort, crève le coq

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