les hommes s’enlisaient dans leurs cordes mouillées, leurs serviettes musclées – j’ai tout de suite pressenti l’avantage que je pouvais tirer de tout cela: je me suis mis au chômage
sans rémunération, tant il parut clair que celle-ci constituait une forme aboutie de corruption, et y avait pas de raison
la mort m’apprend qu’il n’y a pas de raison
il ne faut surtout pas renoncer à la mort
et d’abord t’es pas beau, te crachat-elle à la face après s’être assurée que tu n’étais plus en mesure de lui nuire de quelque façon
or je suis devenu beau, très beau même par la suite – trop beau en tout cas pour être faux, et elle n’en a jamais rien su
la dignité ne consiste pas à renoncer seulement à la soumission, mais aussi à la domination, à cette jouissance que procure tant la vengeance que le pardon
trois fois sur quatre je tombe dans l’mille mais ma préférée, c’est quand je tombe dans l’vide
tel que je suis à l’ouest, que je frotte mon nez sur le nez sans écaille de qui n’a pas de flair, de qui n’en a pas l’air
et m’assieds sur la chaise en plastique de l’étranger derrière le port – la dernière idée généreuse que je me sois faite à vrai dire
d’un humain…
ça soulage tellement, vivre entre soi
et le dernier souvenir heureux
qu’on eut de soi…
on s’approche timidement, faisant semblant de ne pas se reconnaître alors qu’on sait très bien au fond qu’on ne reconnaît vraiment rien
ni du domicile fixe
ni des ailes goudronnées –
on n’a jamais fait que pendre à la bave d’une horloge parlante, que se branler tout au fond, maudite immunité,
de la piscine municipale…
je déteste le soleil, c’est la pire ombre à dieu
et comme tu l’as compris (depuis le temps…), je n’aime que dieu
qui seul a le courage de me haïr pour ce que je suis
et de ne pas me pardonner, ni me trouver de justification
mais juste par pure haine, comme on hait son néant comme on
aime sa haine
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