mordre suçon

  il y en a qui languissent toute une vie après leur naissance
  des qui soupirent à l’idée symbiotique d’un ventre maternel
  d’autres encore en suspens, en équilibristes inquiets sur un cordon ombilical tendu entre le rien et l’horizon de leur débâcle.
  le visage blanc, si blanc – qui viendra le lécher si ce n’est moi, ce léger dégoût de parêtre 

  il n’attend rien de rien, il  ne s’oppose à rien – on dirait une eau croupie tiédissant dans la baignoire
  alors je suis sorti. j’ai mis ma chemise bleu-électrique et je suis sorti
  style une mouche aspirée par l’air libre après s’être deux trois fois mangé la vitre fermée du côté droit.
  une lucidité te tord la tronche, contre le temps l’ennui ne suffit pas

  tu n’as aucune idée des extrémités mentales auxquelles je fus acculé là-bas, avant, longtemps
  me voilà là maintenant, debout oui un pied à l’eau quand même une couille de traviole, un autre pied dans l’eau.
  on ne peut pas que survivre, on ne peut pas que rescaper: on peut aussi danser
  sur une seul jambe, et sans remuer
  olé

  t’es toute petite, si petite qu’on se demande comment tout s’envole autour de toi mais pas toi
  toi tu t’envoles pas, j’ai zigouillé la mort, la mort qui plane en moi, j’ai zigouillé le gosse, le putride stagnant, j’ai dès lors embrassé
  tout ce qu’il y avait à embrasser, j’ai même mis la langue dedans, au fond du sac
  on me l’a arrachée la langue et on l’a recrachée bien loin – bien loin, petit bouchon…

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