presque debout

  tu as recraché dans ma main quelques pépins, un peu de bave. nous ne voudrions pas réduire la vie à un sens quelconque, ni légitimer d’aucune façon, l’invalidant ainsi,
  ce miracle à deux balles, cette extase foireuse – la pomme je ne l’ai pas cueillie, elle est
  tombée toute seule

  je ne fais partie de rien , universalité rampante. un pou sur la tête à Toto, une chaussette qu’on enfile à l’envers…
  tiens, la pensée vagabonde – c’est pur plaisir que de s’aérer les couilles au vent frais du tout
  petit matin

  un être sans soutien. il titube à droite, titube à gauche: il n’a pas suffisamment d’équilibre pour chuter
  alors il ne chute pas – c’est comme ça qu’il se maintient… en vie, ou du moins agrippé au surnom de la vie comme à la barre d’un métro
  bondé de vide

  j’accours. je ne sais pas pourquoi j’accours, vers ce soleil tout ordinaire, très pâle, quasi livide – on ne tombe pas amoureux d’une fille à chaque instant , après tout…
  il n’y a jamais personne lorsqu’on arrive quelque part, et c’est là tout le charme. l’un de moi s’endort quand l’autre persiste
  à te chercher des yeux

  sois comme l’été: impraticable, ne menant à rien, affaissé sur ta propre verticalité – un axe c’est un axe, ça ne se négocie pas
  heureusement les regards s’éparpillent, s’épupillent aux environs, à l’affût d’ils ne savent trop quoi, jaillissant à l’occasion sans peur ni reproche
  de se salir…

presque debout

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