on ne ressemble à rien. à quasiment rien. on se demande pourtant, on se demande comment. comment ceci comment cela – comment soi jusque là
un jour y avait une vieille, une très vieille. un jour y avait une vieille et puis plus rien. et quand je dis plus rien
on s’aimait bien pourtant. on se faisait des câlins. câlins nordiques, fulgurantes alchimies. on s’aimait bien pourtant, ça n’a servi à rien
demain. demain je serai grand. il suffira de ne pas être mais pas seulement: il suffira de se savoir ne pas être, je t’en supplie. il s’en supplie
j’avance avec prudence. tant de prudence que je n’avance pas mais recule le chemin, recule de sous mes pas. on appelle ça des pas
ça ne ressemble à rien. à presque soi. à la grimace telle qu’elle se terre, s’accumule sous les plis, saute sur mes g’noux. saute sur mes g’noux et dis-moi là, c’est pas comme ça
voilà moi j’entends rien, voilà moi j’entends rien comme ça. tout est à refaire maintenant. tout est à refaire on ne refera plus rien. ainsi naît le silence. ainsi naît la naissance
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