la poire en deux

  et la douleur une fois perdue, dans quelle bouche les dents de rire vont-elles pousser?
  toute une vie en forme de poisson d’avril qu’on colle au dos d’une âme stupéfaite, il prend son pénis dans une main de l’autre la tapette à mouches…
  je marche sur l’eau morte d’une rivière à flot – j’espère que tu as pensé à la serviette au moins…

  vues de la mort, les choses ne se passent pas si mal après tout – qui donc a eu l’idée de venir pisser sur nos loukoums?
  j’aurais voulu te dire quelque chose de gentil mais je ne trouve rien – j’associe ton sexe à une morgue et mon fatal abandon
  à la plus claire des mers égée

  vulve de la mort, à chaque fois je m’arrêtais pour allumer un cierge dans les chapelles commémoratives jalonnant le chemin
  de ronde ou bien était-ce
  une ronde, le pli du bras l’odeur d’une aisselle je me suis mis à quatre pattes,
  je me suis mis à quatre pattes c’était pas pour lécher les cendres de ta joie c’était juste pour
  me faire mettre par le vent 
  – d’ouest, en général

  taxiderme, j’ai fini par avoir une tête
  de taxiderme, d’empaillé sur deux boules et je ne me souviens plus
  que de mon souvenir c’est triste, mais pas plus que sous
  les tropiques, où nagent les gens heureux

  je me suis aidé de mon bras manquant
  pour touiller le café, lire les lignes de la main, ou même faire du stop je n’ai pas d’essentiel vois-tu, seulement
  besoin de vivre sans, de vivre avec ce sans – un peu, pas beaucoup: juste de quoi ne pas  tout à
  fait (m’) oublier…

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