tric trac

  ça fait tache sur le gris
  ça mutile l’espace
  j’aime bien revoir ta tête en effet nénuphar
  pisser ton beau visage là-haut, ton visage
  presque parfait, presque innocent

  on tourne dans un sens, dans l’autre
  et puis toujours dans le même sens
  : un cercle n’a pas de sens, il claudique sur soi
  je jette la ligne j’enfonce la mine, je mime la méduse
  – tu appelles au secours

  pas d’homme en moi
  juste un évier, le lacet d’une eau morte
  là-bas il y a quelqu’un, quelqu’un qui nous
  écouterait chanter si seulement nous
  chantions. on chante pas

  je me suis endormi
  comme on s’endort, tout nu, les pieds gelés
  aux antipodes du baiser, l’offrande maldonnée
  nous reste en travers le décor
  et on dit non. on dit non

  le doigt dans l’vide
  incongru dans tout ce vide.
  sans histoire, ni lien entre soi
  – à la première sortie poser la marque
  de son non-territoire…

  little darling la gare du nord
  usera bien des souliers
  ne pleurons pas comme ça, sans se quitter
  sans entrevoir un jour radieux ad minima
  et l’air d’y croire entre nos ch’veux mouillés…

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