et d’un linceul de peu

  sans l’intervention
  des mois qui tombent, des morts
  à la fenêtre

  quelque chose de lent pourtant
  c’est à dire presque
  de froid

  s’essuie le front sur
  l’araignée
  des rides

     

  une ombre se décharne

  quelque chose entre-temps
  nous susurre à l’oreille
  l’apnée d’un jour
  vacant

  des vapeurs
  d’au-delà sans doute, les relents
  d’une mémoire vidée de tous
  ses souvenirs

  et qui respire encore

     

  l’horizon tout au fond
  accouche
  d’un point de non-
  retour

  et quelque part est-ce le regard
  qui flanche, l’oblique
  d’un contre-jour

  ou le geste froncé
  d’une main qui renonce et ne garde
  entre les doigts

  que la trace, indélébile
  d’un présent
  transitoire

     

  tout un ciel, une vertigineuse
  chute
  reposant en équilibre sur
  le tranchant d’une
  simple apparence

  fuyante, mais fuyant où
  et quoi
  tandis qu’un arbre, ci et là
  lentement, inéx-
  orablement

  chemine vers
  son propre
  déclin

     

  minutes posées là, au rebord
  de l’oubli ou au revers
  peut-être
  d’un geste maladroit

  se vêtir d’une
  caresse, pas plus
  ricochant sur l’extase
  en cendres répandues

  il faudrait toutefois
  prendre garde à la marche
  s’en tenir à
  l’espace…

     

  juste là, sous
  la soupirante
  paupière

  le déflagration d’un silence
  décimant
  les brumes

  les pas y font écho
  à l’inaudible
  mais là n’est pas 

  l’essentiel
  ni les soirs
  bruinant d’ennui…

et d'un linceul de peu

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