je voudrais être simple, si simple
qu’on en tourne la page juste en mouillant le pouce, je caresse un désastre, la tête
du chien qui me mord, du chien sans tête je caresse
un désastre, un tout petit
désastre
nu comme la fosse
qu’a pas encore reçu son mort nu comme un homme
qui ne peut plus être ceci ni cela, qui connaît pas ses gammes j’embrasse ma main
dans le noir absolu
et ce n’est que ma main
non, dieu n’est pas grand
ni oviedo si loin d’ici après tout: tu passes par le mans
bordeaux sans sebastian, tu passes par où tu peux
non tu passes pas
t’es bloqué
comme si la seule façon de survivre c’était encore de mourir
et de mourir encore non, dieu n’est pas grand – pas assez en tout cas
pour monter sur son dos
et atteindre oviedo
c’est tellement rien, d’être soi, qu’il se faudra contenter
d’être, le vendredi jour du camion-pizza au bourg
mais on va pas au bourg on n’a pas le cran
de vivre ni son contraire, en plus on est trop pauvre
pour ça, on se contente d’être
soi, n’importe quel
soi
tu marches
arrière alors tu marches
arrière arrière alors tu com-
prends rien tu marches
à vide et c’est très bien
comme ça tu marches pas et c’est très bien
comme ci:
la mort a ses bateaux
que ses bateaux qui montent
à flot

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