paume de main

  je ne sais pas pourquoi tu t’affoles en tout cas moi je ne m’affole pas mais je m’inquiète
  je m’inquiète pour toi c’est plus fort que moi j’ai peur que tu te blesses que tu t’écorches
  le coude que tu te tordes
  la cheville, bref…

  tu te souviens de moi? tu te souvins quand t’as trop bu que les cernes te tirent
  vers le bas toute épuisée de vivre ou tu me dis bonjour comment tu vas, comme ça du bout 
  des lèvres et tu fais même pas semblant
  d’y croire

  la vie c’est quand vie et mort se confondent, la mort quand ils se distinguent pour ne se confondre qu’en l’agonie perpétuelle ou subite on peut en discuter, on peut aussi
  éviter d’en parler, s’abstenir d’y penser, simplement se noyer
  sur place

  tu me meurtris tu ne le sais même pas, tu tournes autour du pot le pot c’est moi, la cruche et le bidet
  un jour tu me lèches les couilles un autre tu me mords la queue et me voilà errant à blanc
  nu, pas plus sexué qu’une vache-qui-rit
  sur le quai des vas-et-viens
  le quai des vas-et-viens pour rien

  j’habite nulle part tu pourrais quand même prendre un mouchoir ça serait plus propre, un peu plus propre
  sinon tu peux faire ça dans le creux de ma main, entre mes omoplates tu peux faire ça où tu veux
  comme tu veux

  tu pleures comme tu conduis, illégale ou les mains dans les poches c’est tout, les feux pleins de détresse
  j’essuie un ennui, puis l’autre, j’essaie d’éclairer quelque chose, un pan de ton visage, une ride
  une ride au moins
  plus loin il y a plus loin, rien de plus – peut-être t’y découvrirais-je, inutile et sans suite…

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