crédité d’un sang de bête

  dans sa petite quatrelle rouge, non-non bat la campagne. et cependant rien n’en sort, pas un cri pas un aveu. vivre pour ne pas mourir le bordera de cendres, d’impavides barbelés. il n’aura plus qu’à se contenter de n’y comprendre rien

  rejoins-moi dans la mort – où donc ailleurs? si tu as froid aux pieds je te les réchaufferai. si tu pleures en chemin je te déplumerai les glandes. je te dépucellerai le cœur

  quelqu’un nage à contre-courant. retournons le courant il fait poisson crevant, haletant, il rêve araméen. si je ne te dis rien ce n’est faute de mots mais d’horizon
  où se pendre haut et court
  et par le petit bout

  entre la boue et dieu il n’y a qu’un homme. et la boue ne serait que boue, dieu que dieu si cet homme les sublimant n’en extorquait la flamme, n’en extrayait le sens. j’avoue parfois j’ai encore du mal à faire le lien
  – alors veux-tu de moi?

  ils ont pris des marteaux, piqueurs et des fraiseuses
  des tire-jus des tire-bottes, tire-larigots et autres sculpteurs de trognons
  ils sont même allés trouver ces infâmes tziganes qui forgèrent pour deux sous les clous qui crucifièrent mon oncle ils ont pris des machines
  mais ils n’ont pas réussi
  à vaincre, déboulonner, percer, casser, défigurer
  ce masque, simple voilette entre deux eaux

  pas qu’on aime parce qu’on aime, mais parce qu’en nous l’amour détruit tout, jusqu’à ce qu’il ne reste de notre souffle qu’un baiser sans lèvres ni désir, ballon métaphysique, et l’antidépresseur 

  les yeux ont des yeux, plus excentrés encore. tout est bon pour les en empêcher, en épouiller la cécité. d’autre part je n’ai mal nulle part – j’ai juste besoin qu’on me pardonne infiniment, je ne sais plus de quoi…

crédité d'un sang de bête

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