mourir, pas plus

  de quelle couleur te nommes-tu, dis-le moi pour cette fois, juste pour cette fois – les autres fois tu me mentiras d’accord, comme toutes les autres fois, mais pas celle-là. celle-là je sais que c’est tout bonnement impossible

  ils avaient beaucoup d’orgueil et les voilà en haillons. ils portaient tous mon nom, scandaient d’insignes slogans, proféraient des jurons. désormais ils vivent tous sous mon toit, à titre gracieux mais bouches cousues. sinon pan-pan cul-cul

  tiens, on va marcher ensemble, au pas – ça changera le moral. tu préfères le côté gauche ou le côté droit. le côté où tu dors échoit, de l’autre quelqu’un coule. il fera pas de bulles – promis

  j’avais peur de rester près de toi, alors j’ai lévité et je me suis élevé, quelques mètres au-dessus – une autre couche atmosphérique, une autre ambiance sonore. pas que tu sentes mauvais ou quelque chose comme ça, mais c’est juste un autre jour, tu dois comprendre ça

  à raison de trois fois par jour et ce pendant six mois, j’ai mangé à ma faim, je peux dire. j’ai changé quelques ampoules, elles étaient simplement grillées. comme les clopes, on dit qu’on grille une clope, allez, on va s’en griller une. c’est pas mal comme expression

  il faudrait qu’un pan de mur s’effondre pour comprendre vraiment ce que chuinte le brouillard, ou la raison d’un hurlement de chien
  des patiences s’affrontent (le mur, l’esprit…) à la passion (passionnément), et même un peu moins

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