qui ressemble au pain, au sel, aux petits matins froids

  je ne me présente pas comme le fil d’ariane, coupé non coupé, ni comme ariane elle-même, nue sous sa camisole de force et rasée d’à peu près tout ce qui l’encombrerait
  d’ailleurs l’idée ne m’en effleura pas l’esprit

  j’ai renversé la bouteille d’encre, sur ses genoux
  sur ses genoux comme c’est dommage, dommage et noir
  noirci le vol de ces oiseaux migrateurs dont on se
  languit su retour, petits bâtons rompus de nos
  divinations, j’ai renversé 

  le kung fu du mouton jamais n’effraiera le loup, alors range-toi donc
  du bon côté d’la route, côté des arbres morts, troncs oscillant entre leur raison d’être
  et leur irrépressible envie de fuir

  on ne se demande guère
  comment on en est arrivé là, quel jour ni par quel train, on se tourne les pouces,
  se les retourne jusqu’à ce qu’ils craquent, cèdent, intercèdent en notre défaveur, renonçant à toute dignité
  à toute dignité c’est sûr

  d’y attribuer un sens ou d’en conclure au non-sens, je ne sais lequel s’avérera le plus dangereux
  j’aspire encore à la lumière c’est banal et tant pis si tu m’ignores, si tu penses qu’une fois de plus je bluffe
  après tout, c’est l’hiver…

qui ressemble au pain, au sel, aux petits matins froids

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