de beaux blizzards aveugles

  cette lancinance
  m’agrippe
  ça fait comme des cloques sous la paupière, des rêves ballottés dans un flacon de liquide
  amniotique, des pas chuchotés
  de somnambule…

  sous tes vieilles ombres, tes vieux dégoûts d’bigleux
  la mort à l’amertume, gris glaire en fin d’parcours
  la mort aux cheveux longs, rasés très longs de long en marge
  car à la fin vois-tu, pas d’œil en vue vois-tu
  pas d’œil dedans non plus

  une bulle, une simple bulle
  a bouffé tout l’océan
  et se fond dans mon creux, mon creux à moi, ma petite lavande
  mes sources empaillées

  mi me ma dans son aspect naufrageux, toute conscience absoute me dis-je, toute conscience
  hors bord – 
  et nos ballades
  sentimentales…

  à la mi-journée tu crèves, c’est comme ça que ça se passe d’habitude
  d’habitude on n’a pas l’habitude, défroqué comme un ver,
  d’éventrer la morue, à cru, on aurait disparu – on aurait du, à vue,
  disparaître…

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