nos patries éphémères

  les hommes savent pourquoi
  le long d’un chemin-brest
  y a plus rien à bouffer
  plus rien à picoler.
  sainte-marie-les-néants
  où notre cœur balance
  priez pour nous d’après photo
  – suivront les jours suivants

  vois le fou, celui qui
  ne balaie pas devant sa porte, à la fenêtre ne distingue pas
  la vitre, accoudée au paysage – il glane
  un nuage volontiers
  océanique dégradé

  la vue porte souffrance, je vais à reculons je viens
  à terme en soustrayant, écopant
  y a pas d’mystère, y a pas d’taudis
  l’amour à perte de vue mais la vue porte souffrance, l’aumône
  ranime le juke-box
  ou peu s’en faut

  eul’ capot’ a pété, nous sommes tousses sœurs
  me voici bel et bien vivant, le sourire extensif
  et les dents en avant, ratissant large, suce-moi le sable, le goudron
  mourir c’est ce qu’on ne peut faire ensemble, l’infini nous sépare inexorablement
  : on baise du vent

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