bingo l’appareil zéro

  la nuit tombait futile, incertaine, bouchait les coins

  tituber sur les frontières, en funambule aviné, cadavre exempté
  de toute autre tentation

  je me suis appauvri, jusqu’à me démunir de la pauvreté elle-même – je n’avais plus les mains
  de les joindre

  à tire-d’aile ou à tâtons, je marque un but hors cadre dans l’ubiquité du non-sens

  j’aime tout ce que je touche, même si ce que je touche en souffre – en pitié la réciprocité
  n’est pas de mise

  j’aimerais revenir. me manque ce point de référence à partir duquel se définissent un aller ou un retour, un avant
  ou un après

  je ne contiens que mon ombre propre, mon intime saleté – je n’ai d’autre source où puiser
  mon innocence

  un homme pense à quelque chose or quelque chose ne pense pas – d’où la nécessité seule de la chose

  plutôt partir que revenir, sur le chemin dont la boucle a sauté et la femme
  s’est pendue

  je voulus être sans origine comme en l’état le plus pur, au saignement de nez près

bingo l'appareil zéro

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