ombilical trognon

  et puis me laisse
  tranquille comme ça, tranquille
  à la lisière du temps, ou d’un autre.
  pour rien au monde.
  le rond d’un cendrier posé sur la table d’au-dedans
  à la droite du coude
  la gauche de nulle part

  en ce jardin.
  gagner à ne pas être vu 
  friche en partance, rame en dormance
  un peu de terre recouvrant le nombril, sous l’ombrelle un peu de vent pas plus
  parce que le vent est frais
  et l’ennui sans principe

  chancredune. nous sommes
  une longue habitude:
  soleil camé ou pluie battante, pluie dormante soleil glané – ce gris sans voix aussi,
  présent d’un éternel conscient.
  à côté d’un petit paradis j’ai semé ce petit pain rassis
  on verra bien c’que ça donne

  et si ça donne rien on marchera quand même
  à l’ombre de sa propre oblique, bancale, de sa propre pensée, probablement fuyante.
  un jour n’est pas né, fermentant dans le ventre
  d’une mère épuisée,
  polluée.
  et d’un équilibre incertain cela dit, comme rasée d’une seule jambe

  en incarnant les bleus qui passent, en pleurant sur la tombe de ma mère
  en regardant tout bas les pieds d’une fille muette aussi,
  ai-je senti quelque chose.
  un accroc au bonheur d’exister est-ce bête, j’ai senti quelque chose.
  quelque chose, c’est tout

ombilical trognon

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