s’horloge on comprend pas

  les soirs jolis les soirs gentils
  où j’avais plus de dents
  où j’encaissais, permanent évanescent
  ce vide insondé de la matière

  les soirs avides les soirs de grâce
  tantôt rageants, tantôt fondants
  et tout se réduisant à la forme simple et ahurie
  d’un nuage en sursis…

  chef d’œuvre d’aperception, routine prémonitoire
  quelque chose à ajouter, là, sur le tas de vide, fatras de vivre

  entraîné par la pente, et nous étant fait roue
  immobilité déroulée sans mobile apparent, orgasme simulé

  : j’aime aller sans bouger, promené en orbite autour
  de l’abysse éberlué

  chien de garde assis sur le sommet du crâne, défaillance de droit, silence avant-coureur
  regarder est un métier, ne rien voir son œuvre

  battant des ailes remuant la queue, grincer des dents mourir heureux
  chien de paille tapi au fond du ventre creux, pathétique ventriloque ou vermine affamée

  ne mord ni n’aboie
  qui tête au nord s’endort…

s'horloge on comprend pas

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