vent modéré

  pour être seul, plus seul encore, dangereusement tanguant sur la cime d’un temps
  et s’écouter claquer des dents, par au-dedans évidemment

  pas d’oiseau mort, pas de vie sans la vie, de champ blindé d’orties non: qu’une âme en rade où l’on n’entende plus parler de soi
  qu’en soi voire en-deçà, parfois

  je cours à angles droits, c’est plus sûr
  et puis je me retiens, le temps que j’peux – va savoir de quoi…
  je suis cela qui fuit, le goût perdu du sol
  comme du reste

  la peur s’enlise – c’est à moi de faire le tour des têtes mortes, claques assises
  j’aurais mieux fait rester chez moi, ailleurs mais loin d’ici – si loin d’ici…

  le tour d’un homme en terrain vague, un jour de peu un jour de trop – qu’y puis-je…
  beau fixe, rafraîchi d’un vent franchement modéré
  

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