en berne…

  vivre
  ne servait à rien, enfin je veux dire, que vivre
  ne servait qu’à survivre 
  c’était donc peu
  soit énormément peu

  je n’ai plus de subconscient – qu’un vaste
  cimetière militaire fleurissant la plaine de 
  mille croix synonymes…

  on a du mal à vivre, on se traîne sur le ventre, on se couche sur le dos
  on traite le mauvais temps de mauvais temps, on en rajoute: et pas
  une seule goutte – c’est la misère
  totale…

  ça se cultive, mourir
   : on creuse un trou en soi, on s’y enfonce, on se vomit dans le trou en soi jusqu’à
  ce que plus rien de soi ne sorte ni ne dépasse, jusqu’à
  être soi-même entièrement devenu
  le trou en soi, espace libre
  et souffrant

  l’espace là, entier
  ou bien rester assis, se lever, se dégourdir
  les jambes, l’esprit, se soulager d’une angoisse subite, sexe au poing 
  le souvenir vaincu, le revenir perdu…

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