je me suis mis à tourner en rond, en rond jusqu’au dernier

  j’étais là
  à tâter le pouls de la montée des eaux, bien à l’abri des regards englués, engluants j’étais là
  – faut bien être quelque part , me disculpai-je
  vraiment?
  non mais bon, maintenant qu’on y est…

  jusqu’à ne plus résonner que du silence de dieu, nous contenterons-nous, éprouvés,
  de lancer nos poèmes à la face du vent, de faire le zigoto titubant par-dessus
  le vivant précipice?
  oui, sans doute…

  j’étais mignon j’étais mignonne, tout juste émergé du chaos
  je ne m’en rendais pas compte mais déjà, lévitant père peinard,
  caressais-je ces monstres, rendus puissants par la magie de l’ignorance et ces photos de femmes
  nues, découpées en marge de
  nos imaginations mortes…

  quand le rideau se lève, c’est tranquille
  et quand il tombe aussi, c’est tranquille
  on en chie malgré tout, tous derrière et lui devant
  on se dit qu’un jour se sera peut-être plus drôle
  et on en rit déjà…

  c’est pas tous les jours méchant, pas tous les jours non plus qu’on s’entendra
  grincer des dents, y a pas de quoi marie
  en faire un drame: accoucher d’une âme, cri de douleur ou cri de grâce,
  ménagera la chèvre qui fait béé tout autant
  que le chou qui fait bouh

je me suis mis à tourner en rond, en rond jusqu'au dernier

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