un jour avant la guerre, quand je ressemblais encore / à un homme

  tacle-moi, empêche-le de
  partir en vrille, refourgue-lui
  la tisane de la veille, un gros joint de mégots quand le jour point, le jour point d’une
  quelconque direction

  elle est cosmopolite, un trou dans la nature; elle parle par ouïe-dire, serbo croate des îles; elle bave du nombril et quand elle baise, on dirait une punaise
  qu’on écrase quand elle baise

  réveiller le pilat endor-
  mi sous les lilas et nous voilà, badauds béats, l’esprit retourné genre un mort dans sa terre, un ver au cul
  de la nature si solidaire bref une raison de plus
  de rendre l’âme
  en toute sérénité

  à vrai dire je n’y connais que dalle
  en amour ni en rien, c’est juste moi qui allume
  la clope au bec du dieu qu’on va pour empaler
  sur son chemin de croix
  et de triste inconfort

  j’ai l’air triste, si triste
  qu’un pendu dépendu, qu’un perdant au loto j’envie
  ces fumeux genghis khans, déferlant
  des banlieues vers le centre, tirant
  sur leur pétard mouillé, aïdé

un jour avant la guerre, quand je ressemblais encore à un homme

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