je ne serai pas mort dans un sac de couchage

  tu ne me dis rien
  tu me dis allez ferme ta gueule et meurs, meurs dans le silence le plus compact
  soit, mais soit
  j’en oublie d’être heureux – ça peut arriver à tout le monde après tout…

  avec vue sur la mer tu dis
  ou toute autre chose qui puisse faire office de mer, d’étale, de vague terrain plat ou je n’sais quoi – avec vue sur le sable,
  sur la vue qu’on a d’ici, énorme, gigantesque, exorbitante,
  quand on ne regarde rien
  rien par exemple nulle part

  le printemps fut pourri, c’est un fait – mais dieu et rien que dieu c’est pire
  c’est juste quand on oublie d’être soi, ou même simplement de ressembler à quelqu’un, à quiconque en quelque sorte
  j’avais rien, j’avais rien dans les poches et j’eus beau les retourner en tout sens
  j’ai toujours rien du tout, mais alors rien du tout
  – incroyable

  c’est la troisième fois
  la troisième ou la dernière fois je sais plus mais bref
  c’est la dernière fois, et déjà je m’ignore
  j’ignore qui de qui est là, et pourquoi, ni les modalités
  les j’ai envie de t’embrasser et tout ça, alors que je suis même pas cap’

  vivre sa vie ça c’est tranquille, ça c’est tranquille mais bon…
  je suis l’être, l’être d’un être outre mais bon… , d’un être à bout mais quoi, d’un être en négatif et puis la pluie tombait
  on sait pas pourquoi qu’elle tombait comme ça, et qu’elle tombait sans cesse, quand même – la pluie…

je ne serai pas mort dans un sac de couchage

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